Année des Outre-Mer 2011

Le Jeudi  31 mars 2011 l’AMU était présente à la Mairie de Pierrefitte à l’occasion de l’inauguration d’une exposition sur le thème de l’Année des Outre-Mer.

Voici la restitution du discours du Président de l’AMU, Franck Pétrose :

« Monsieur le député, Président du Conseil Général, Monsieur le Conseiller Général, Maire de Pierrefitte-sur-Seine, Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs les représentants du monde associatif, Mesdames et Messieurs,

Je voudrais avec ces quelques mots, Monsieur le Président, Monsieur le maire, Mesdames et Messieurs, vous dire toute l’émotion qui est la mienne ce soir. Émotion que partagent tous les membres de l’Association Mémoires Ultramarines et d’une manière plus large tous les Ultramarins Pierrefittois et Pierrefittoises. Nous sommes très honorés que le lancement de l’année des Outre-mer en Seine-Saint-Denis, se fasse à Pierrefitte. Nous le prenons comme un symbole. Preuve pour nous monsieur le Président du Conseil général, Monsieur le Maire que les ultramarins, les originaires de ces territoires si reculés, si éloignés font parti des moteurs de la République. Preuve pour nous en tant que Pierrefitois, que votre présence à nos cotés met en avant le travail de nos artistes et de nos associations.

Cette année des Outre-Mer, doit être pour nous, Ultramarins, l’occasion de faire prendre conscience,  d’expliquer que les régions d’Outre-Mer, sont une chance pour la France, au-delà des clichés qui obscurcissent les réalités. Elle doit contribuer à éclairer la place de toutes ces identités culturelles en France hexagonale comme partout en Outre-mer. Aimé Césaire disait « Ce ne sont pas des paysages, ce sont des pays, ce ne sont pas des populations, ce sont des peuples ». Son affirmation peut contribuer à expliquer la place spécifique des régions d’outre-mer dans la France d’aujourd’hui.

Cette mise en lumière des Outre-Mer, nous voulons la croire sincère, car les Ultramarins ont toujours l’impression de ne pas être compris. Le rôle des associations ultramarines est donc très important. En effet, chaque département, territoire ou collectivité d’Outre-mer a sa propre spécificité. Nous sommes, j’allais dire, les dépositaires d’une identité, d’une culture, d’une tradition, que nous ont légués nos aïeux. Nous avons un devoir de transmission. Telle est la mission que s’est fixée l’Association Mémoires Ultramarines qui, bien que jeune, n’en reste pas moins une association très ambitieuse. L’un de ses principaux objectifs  est de Faire vivre la culture de la diaspora

Pour ce faire, il nous apparaît important de :

Donner aux enfants de la diaspora éparpillés, l’envie de s’approprier une culture qui est la leur et qui constitue un réel patrimoine culturel. Ce patrimoine, nous voulons le faire partager. Nous constatons que la culture noire est souvent absente des grands événements culturels et qu’au fil du temps elle se vide de son contenu. Or dans toute culture, il y a des richesses. Ces dernières ne doivent pas être gâchées. Nous devons les transmettre en l’état à nos enfants.  L’enfant et l’adulte de la diaspora doivent être capables de dire qui ils sont, d’où ils viennent et où ils vont. C’est pourquoi nous considérons que la mémoire de nos aïeux, victimes de l’esclavage colonial, doit être réhabilitée.

Notre association ne prétend pas être une machine éducative des différentes communautés ethniques mais tout simplement un moteur à l’appropriation de la riche culture noire et de son riche passé.

Pour réaliser et atteindre ses objectifs, l’AMU organise chaque année depuis 2008 (deuxième semaine du mois de mai), une manifestation à caractère « mémoriel » intitulée  « Commémoration des victimes de l’esclavage colonial ». C’est l’une des quelques manifestations qui se déroule en métropole, où sont mis en avant, non pas ceux qui ont aboli l’esclavage (normal), mais tous ceux qui l’ont subis et ce, je le précise sans aucun esprit de revanche ou de misérabilisme. La manifestation à laquelle nous sommes en train de travailler et qui aura lieu, comme lors des éditions précédentes, dans la salle de la Guinguette, sera placée sous le thème de « l’année des Outre-Mer »

Nous travaillons également à la mise en place de Cocktails pédagogiques. Nous sommes en contact avec des comédiens et comédiennes ultramarins qui souhaitent nous aider dans notre démarche. Nous faisons connaître ou aidons, quand cela est possible, à la promotion d’artistes ultramarins

Si l’AMU a souhaité mettre en avant le travail de ces deux ultramarins, Maika et Rollex, à l’occasion de l’Année des Outre-Mer, c’est que comme nous, le travail de transmission est primordial. Le KA, instrument de musique et la danse Gwoka, deux vecteurs de l’expression culturelle des ultramarins. Objet de lutte et de résistance, de fête et de cérémonie, il est avant tout l’identité d’un peuple. Au travers de cette exposition, de toutes ces œuvres présentés ici, vous avez une bonne partie de l’histoire des Ultramarins.

Ce travail de qualité que nous avons mis en place depuis quatre ans, demande de l’énergie, des moyens matériels et financiers. La municipalité nous soutient dans notre action, comme elle soutient les autres associations. Nous souhaitons que le Conseil Général puisse de son côté également être acteur dans nos actions à venir dont la représentation géographique ne se limite pas au territoire de Pierrefitte mais concerne le département de la Seine Saint-Denis dans son intégralité.

Je vous remercie. »

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